Raouf LemouchiDe l'agence de prospection à un média sales tech et son tool finder
Raouf Lemouchi a passé plusieurs années dans la prestation B2B, d'abord en ads puis en outbound avec sa propre agence de prospection. Au moment de l'épisode (mai 2025), il incarne SalesTech Scout, un média international en anglais consacré aux outils de vente, adossé à une base de 6 000 à 7 000 outils B2B selon lui. Il y explique son modèle économique, sa façon d'utiliser l'IA et pourquoi il préfère construire un actif revendable plutôt qu'une agence.
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Podcast RAOUF LEMOUCHI
De l'agence au média
Raouf Lemouchi vient du B2B pur. Il commence par les ads, passe à l'outbound et monte une agence de prospection. Il le reconnaît sans détour dans le podcast : « avec mon agence à l'époque, j'étais pas bon ». Il a appris en enchaînant les clients, les CRM et les campagnes, jusqu'à intégrer la prospection au travail des équipes commerciales.
Après l'agence, il est épuisé. Il coupe complètement pendant un mois et demi à deux mois au Canada, puis passe quatre à cinq mois à apprendre le développement (HTML, CSS, JavaScript, un peu de React). Diplômé d'HEC selon lui, il regrettait de n'avoir aucune compétence technique. Le code se révèle plus dur que prévu, et quand il annonce son retour en freelance, des clients plus qualifiés qu'à l'époque de l'agence se présentent. Il reprend donc le service, cette fois surtout sous forme de coaching.
L'idée du média arrive au Mexique, en observant ColdIQ, agence d'outbound qui a construit un vrai pôle média. À force de discussions, il trouve des investisseurs et rejoint un projet existant en tant que tête d'affiche : SalesTech Scout, un média B2B international, entièrement en anglais, sur les outils et les méthodes de vente.
Un marché de l'outbound tiré vers le bas
Dans ce podcast, Raouf Lemouchi explique ce qui l'a poussé à sortir de la prestation. Après trois à quatre ans de prestation, dont deux à trois en outbound, il dit avoir vu la qualité du service et les attentes des clients glisser vers le bas : promesses de « 5 à 10 nouveaux clients ou vous ne payez pas », certaines formations vendues 500 € qu'il juge vides, carrousels sur « les cinq objets de mail à utiliser ». Selon lui, ces pratiques font passer les experts de la prospection pour des vendeurs de tapis, et même les plus grosses agences produisent un travail médiocre. Le média est sa façon d'apporter l'éducation qui manque sur les outils, les workflows et les stratégies de vente.
Un tool finder nourri à l'IA
Le cœur technique du projet est un « tool finder » : une base de données de 6 000 à 7 000 outils B2B, du CRM au mail finder en passant par les AI note takers, sur laquelle travaillent quatre ou cinq développeurs au moment de l'épisode. Chaque outil doit avoir les mêmes champs (prix, description, critères propres à sa catégorie) pour qu'une IA puisse répondre à une requête en langage naturel. À la différence des annuaires où il faut payer pour être présent, l'objectif est d'y faire figurer tout le monde et de classer les outils selon l'usage et les recommandations.
Le modèle économique repose sur trois piliers : l'affiliation sur chaque outil, le sponsoring par des leaders de catégorie (jamais deux concurrents en même temps) et la revente de leads qualifiés aux éditeurs dont l'implémentation est lourde, type Salesforce. Le média se veut 100 % gratuit pour ses lecteurs, sans service caché derrière. « Un média, c'est un peu du service public », résume-t-il.
Sur l'IA, sa règle est simple : l'IA produit 80 % du travail, l'humain fait les 20 % restants, surtout du contrôle qualité. Il dit avoir déjà préparé 200 à 300 articles SEO avant même la mise en ligne du site, et l'IA écrit 60 à 65 % de la structure de ses posts LinkedIn, qu'il nourrit avec un document regroupant les meilleurs posts de sa niche.
Construire pour revendre
Raouf Lemouchi se définit comme un « builder ». Il veut incarner le média pendant deux ou trois ans grâce à son audience LinkedIn (presque 15 000 abonnés selon lui), puis s'en détacher pour qu'il ne repose plus sur une seule personne et puisse être revendu. Selon lui, un trafic organique issu des moteurs de recherche se valorise bien mieux qu'une agence, difficile à céder : ses heures passées sur le média, estime-t-il, vaudront cinq à six fois plus que les mêmes heures en agence. L'épisode se termine sur l'équilibre de vie, entre Bali, la boxe thaï et un projet d'installation à Bangkok en 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Un média B2B peut cumuler plusieurs revenus : affiliation, sponsoring par catégorie et revente de leads qualifiés.
- Un sponsor accepte de payer plus cher s'il est le seul de sa catégorie sur le média.
- La revente de leads n'a d'intérêt que sur les outils à forte implémentation, pas sur un mail finder à 29 € par mois.
- Une base de données exploitable par l'IA exige des fiches homogènes : mêmes champs pour chaque outil d'une catégorie.
- L'IA peut produire 80 % du contenu, mais ce sont les 20 % ajoutés à la main qui font la différence.
- Fournir à l'IA un document regroupant les meilleurs posts de sa niche lui donne une base solide pour structurer des posts LinkedIn.
- Un business qui repose sur une seule personne se revend mal : il faut incarner le projet au début, puis s'en détacher.
- Le trafic organique issu de la recherche se valorise mieux que le trafic qui dépend d'une audience personnelle.
Ils l'ont dit
« Je suis convaincu que le meilleur contenu, il reste le contenu écrit à la main. Par contre, je suis convaincu que l'être humain, il peut automatiser 80 % de ses tâches grâce à l'IA. »
Écouter à 33:08
« Pour moi, un média, c'est du service public. J'offre de la valeur gratuite sans rien demander en retour. »
Écouter à 22:40
« Aujourd'hui, en fait, tu payes, tu es présent. Nous, l'objectif, c'est pas tu payes, tu es présent. »
Écouter à 18:24
« Avec mon agence à l'époque, j'étais pas bon. Nos campagnes, elles étaient pas excellentes. »
Écouter à 11:17
« Ces 10 000 heures, elles vaudront 5 à 6 fois plus à la fin que les 10 000 heures que j'aurais pu bosser en agence. »
Écouter à 56:15
« Au début, je faisais que bosser et je générais pas grand-chose, et plus j'avance, moins je bosse et plus je fais d'argent. »
Écouter à 59:17
« Un homme heureux ou une femme heureuse, elle se définit pas juste par l'argent qu'elle génère. »
Écouter à 1:00:53
Les moments clés
- 0:00Extraits de l'épisode
- 1:04Présentation de Raouf et de SalesTech Scout
- 2:15La vision : un média B2B international sur la sales tech
- 4:26Pourquoi le média plutôt qu'un SaaS ou une agence ?
- 4:48L'outbound en France : un glissement vers le bas
- 9:08Formations et grosses agences : un niveau moyen très faible
- 10:23Lancer un média pour éduquer les professionnels du B2B
- 12:36La pause après l'agence
- 13:31Quatre à cinq mois d'apprentissage du développement
- 14:43L'idée du média, née au Mexique
- 16:07Rejoindre un projet existant comme tête d'affiche
- 16:41Le tool finder : 6 000 à 7 000 outils B2B
- 18:54Le modèle économique : affiliation, sponsoring et vente de leads
- 19:35Des sponsors leaders de leur catégorie
- 23:01Vendre des leads qualifiés aux éditeurs de logiciels
- 25:13Incarner le média, puis s'en détacher
- 28:15Les défis techniques du tool finder
- 32:02L'IA dans le tool finder et le contenu : 80 % IA, 20 % humain
- 35:15L'astuce : nourrir l'IA avec les meilleurs posts de sa niche
- 37:08L'équipe et le freelance en parallèle
- 39:43Le focus actuel : un LinkedIn dédié au média
- 42:19Comment il fait ses carrousels sur Figma
- 44:27Passer du contenu français à l'anglais
- 46:36Pourquoi la France est forte en growth hacking
- 50:26Builder plutôt que runner : construire pour revendre
- 52:48Revendre une agence ou un média
- 54:46Le trafic organique, un actif qui se valorise
- 56:35La to-do perso : s'installer à Bangkok
- 58:54Équilibre de vie et vision de l'entrepreneuriat
FAQ
Qui est Raouf Lemouchi ?
Raouf Lemouchi est un entrepreneur du B2B, passé par les ads puis l'outbound avec sa propre agence de prospection. Au moment de l'épisode (mai 2025), il est la tête d'affiche de SalesTech Scout, un média international consacré aux outils de vente, et accompagne des entreprises en freelance et en coaching.
Quel âge a Raouf Lemouchi ?
Selon le registre national des entreprises, Raouf Lemouchi est né en décembre 1997. Il avait donc 27 ans au moment de l'épisode (mai 2025).
Qu'est-ce que SalesTech Scout ?
SalesTech Scout est un média B2B en anglais sur les outils, workflows et stratégies de vente, associé à un tool finder de 6 000 à 7 000 outils B2B selon Raouf Lemouchi dans l'épisode. La société SALESTECHSCOUT a été créée à Paris le 20 mars 2024 ; le registre la donne fermée depuis le 31 décembre 2025, avec Raouf Lemouchi comme liquidateur.
Comment SalesTech Scout gagne-t-il de l'argent ?
Selon Raouf Lemouchi dans l'épisode, le modèle prévu repose sur l'affiliation sur chaque outil, le sponsoring par des leaders de catégorie et la revente de leads qualifiés aux éditeurs de logiciels. Le contenu reste gratuit pour les lecteurs.
Comment Raouf Lemouchi a-t-il lancé SalesTech Scout ?
Après son agence de prospection, une pause et quelques mois d'apprentissage du développement, il a eu l'idée au Mexique en observant l'agence ColdIQ. Il explique avoir rejoint une structure qui existait déjà, en tant que tête d'affiche chargée du contenu et du média.
Où vit Raouf Lemouchi ?
Au moment de l'épisode (mai 2025), Raouf Lemouchi dit se trouver à Bali et préparer une installation d'un an à Bangkok en 2026.
Comment Raouf Lemouchi utilise-t-il l'IA pour son contenu ?
Il vise 80 % du travail fait par l'IA et 20 % par l'humain, surtout en contrôle qualité. Pour LinkedIn, il fournit à l'IA un document regroupant les posts les plus performants de sa niche, et dit que l'IA produit 60 à 65 % de la structure de ses posts.
Thèmes de l'épisode
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Sources
- Épisode UPSL avec Raouf Lemouchi (YouTube)
- Profil LinkedIn de Raouf Lemouchi
- Recherche d'entreprises (data.gouv.fr) : SALESTECHSCOUT, SIREN 987846045
- Annuaire des entreprises : SALESTECHSCOUT
- Scout's Insights, newsletter SalesTech Scout signée « Raouf from STS » (Substack)